Rectangle 6 Copy Created with Sketch. Shape Created with Sketch. Shape Created with Sketch. Download Created with Sketch. rect5108-8 Created with Sketch. rect5186 Created with Sketch.

La crise du covid-19 est comme un duathlon : après la course à pied, il faut oser prendre son vélo.

29 Jun 2020

Le gouvernement a annoncé que les entreprises et les industries pourront redémarrer à partir du 4 mai. C'est une bonne nouvelle, nous ne pouvons pas continuer à reporter le redémarrage. Et nous n'avons pas à le faire : les entreprises bénéficieront du soutien nécessaire de conseillers internes et externes à l'entreprise. Mais en même temps, je remarque que beaucoup de gens pensent que l'après-corona sera de nouveau comme l' « avant ». Les gens semblent penser qu'avec des tests/applications/masques de protection, nous allons tout résoudre, et que bientôt nous pourrons tous revenir à une façon "normale" de travailler. Rien n'est plus éloigné de la vérité.

La nouvelle normalité est qu'il n'y a plus de "normal". Le fantôme coronavirus sera présent pendant des mois, voire des années. Il n'y a pas d'autre option que de trouver un mode de vie et de travail adapté. Le danger est le suivant : si nous n'abordons pas cette sortie de crise de manière réfléchie et disciplinée, nous créerons des risques inutiles ou rencontrerons des résistances. Et nous serons de retour à la case départ. Dès lors, comment aborder la sortie de la crise covid-19 pour en faire un succès ?

1 : Nous devons considérer le "travail" d'une manière fondamentalement différente

De nombreuses entreprises ont maintenant découvert qu'il est possible de travailler de manière efficace différemment, grâce au télétravail et aux horaires flexibles. C'est bien, et cela ouvre des portes. Mais pour un retour au travail, nous allons devoir être encore plus créatifs. Nous allons devoir envisager le travail d'une manière radicalement différente.

Qu'est-ce que cela signifie ? Nous allons devoir être inventifs dans notre organisation du travail : par exemple, nous allons devoir manger en équipe à des heures différentes et faire des pauses pour respecter la distanciation sociale à la cafétéria. Il n'existe pas d'approche "unique" dans ce contexte : dans de nombreuses entreprises, le redémarrage devra varier par secteur, parfois même par département ou par activité. Ce retour en entreprise sera en effet bien différent, par exemple, pour le service comptabilité ou pour l'atelier si tout le monde se promène librement.

De plus, nous devrons revoir la manière dont les générations peuvent travailler ensemble : au Royaume-Uni, on vote pour lever plus tôt le lockdown des jeunes de 20 ans, car le risque sanitaire dans ce groupe d'âge est beaucoup plus limité que pour les 50 ans. Traduisons ce genre d'idées ‘out of the box’ dans le contexte du travail : nous avons besoin de cela maintenant.

2 : Nous devons apprendre à penser les risques différemment

Avant la crise du covid-19, certains secteurs accordaient tout naturellement plus d'attention à l'évaluation des risques que d'autres, car leurs risques - réels ou perçus étaient également plus élevés. L'industrie chimique, par exemple, détermine pour les employés qui entrent en contact avec des agents chimiques ce qu'est un risque acceptable – ce qu’on appelle le risque dit ‘résiduel’.

Mais, aujourd'hui, le virus a changé la donne. Chacun, chaque PDG, chaque employé, devra se faire à l'idée que le risque zéro n'existe pas. Même les emplois dits "normaux" dans les bureaux ou les usines courent désormais un risque qui n’existait pas avant la pandémie. Nous allons donc tous devoir apprendre à gérer ce risque résiduel.

Une bonne analyse des risques est plus importante que jamais : il s'agit d'évaluer où se situent les risques pour la santé des employés, de déterminer quels sont les risques résiduels acceptables et de décider de la meilleure façon de les traiter par la formation et l'instruction (par exemple, par la distanciation sociale, les applications, les masques buccaux ou les tests). Les experts au niveau scientifique et politique devront poser les balises pour cela. Combien de personnes peuvent se réunir dans une pièce ? Avec combien de personnes sommes-nous "autorisés" à entrer en contact chaque jour ? Ces lignes directrices devront également être traduites dans le monde du travail.

3 : Il faut accorder beaucoup plus d'attention au bien-être psychologique et au sentiment de sécurité de chacun.

On a tendance à se concentrer sur la science et la technologie comme solution à la sortie de la crise du coronavirus. Ne vous y trompez pas : ce ne sont pas seulement les applications de traçage et les tests d'immunité qui assureront un retour à la normale en douceur. Ce sera la population.

Ce n'est que si nous nous sentons tous en sécurité sur le lieu de travail que nous pourrons réussir à redémarrer. Cela signifie que chacun devra accorder beaucoup plus d'attention au bien-être psychologique : le nôtre en premier lieu, et celui de nos collègues et de notre équipe ensuite.

Cette attention portée à l'aspect psychologique est déjà d’actualité, mais elle doit encore l'être lorsque nous reprendrons le travail. Le lockdown peut avoir de graves répercussions sur les collègues célibataires ou les personnes ayant une situation familiale difficile, par exemple. Avec eux, il n'y aura pas de nouveau retour du tout, avec même un risque accru d'abandon en raison de la pression mentale qui en résulte.

Nous allons donc devoir prendre soin les uns des autres, ensemble. Toute personne ayant des craintes ou des doutes peut faire appel au médecin de travail ou au conseiller en prévention psychosociale. Il est donc très important que les employeurs laissent leurs employés exprimer leurs craintes, les écoutent et cherchent ensemble des moyens de changer de comportement.

Car cette crise du coronavirus est comme un duathlon : le dur labeur pour aplatir la courbe est peut-être largement derrière nous. Mais il s'agit maintenant de reprendre son vélo et de ne pas perdre les pédales.

Gretel Schrijvers, directrice générale chez Mensura

 

Photos

Stay up to date - subscribe to our news: